"La guerre des Fans"
Introduction (longue mais nécéssaire)
:
C'est un fait, une réalité,
un constat : appelez cela comme vous voulez : le monde des
fans de Michael Jackson est comme une jungle ou le plus faible
se fait piétiner sans pitié.
Peut être est-ce le manque
d'actualité, le désir d'écouter du "son
neuf", mais jamais je n'ai vu autant de conflits (d'intérêt
?), de gueguerres en tous genres sur les forums Jackson français.
Lorsque je suis devenu fan, il y a bien des années,
j'étais seul. Seul avec ma passion. J'ai vite compris
que l'intérêt d'une passion comme celle-ci était
de la partager avec d'autres passionnés, des gens comme
moi, qui aimaient cet artiste autant que moi.
Les petites annonces ou les
lignes téléphoniques (à 1000€ la
minute !) ont répondu à mes besoins pendant
un certain temps. Mais le manque de contact et d'échange
direct était bien réel. Internet à palier
cela. C'était une révolution pour les fans,
un moyen unique de dialoguer avec des passionnés de
la France entière, de toute l'Europe, du bout du monde.
Mais j'ai très vite déchanté !
Je suis arrivé sur le
net en 2000 (merci AOL), et j'ai vite trouvé un climat
de tension entres les fans : à celui qui connaissait
le mieux son sujet, à celui qui avait le plus de collector,
à celui qui répandait le mieux sa culture comme
un roi dispense la nourriture à son peuple. Chaun voulait
faire sa place, exister autant que possible sur la toile,
comme pour combler un vide. Je vous passerai les rencontres
agréables que j'ai pu faire car :
1 - Ce n'est pas le sujet.
2 - Elles sont dérisoires comparé à toutes
celles que je n'ai pas voulu faire et que je ne ferai jamais
!
"Faux fan, vrai fan"
:
C'est le terme qui revient beaucoup
ces derniers temps et qui pose presque un problème
philosophique : "Peut on être considéré
comme fan si l'on critique l'objet de sa passion ?".
J'ai envie de dire : oui.
Mais attention, je dis oui,
jusqu'à un certain point. Et ce point semble franchit
depuis des lustres par une partie des fans. Je ne rapporterai
pas ce que j'ai pu lire, ça n'a pas d'importance. Le
plus important est de se poser la question de savoir ce qu'ils
attendent exactement. Et là nous sommes presque dans
une impasse parce que nous n'attendons pas tous la même
chose.
A défaut de définir
ce qu'est un vrai ou un faux fan, je les classerai en quatres
catégories :
- Ceux qui n'attendent plus
rien de Michael Jackson et qui se contentent d'admirer son
oeuvre dans une période définie. Ceux là
sont en général nostalgiques d'une certaine
époque, lorsque Michael Jackson semblait être
ce type intouchable beigné de mystère et de
magie.
- Ceux qui attendent encore
quelque chose de Michael Jackson mais sans trop savoir quoi
exactement. Un Thriller 2 qui ne viendra jamais, un Bad 2
qui reste un mirage...Ceux là rêvent de revoir
un Michael de la grande époque. Ils sont nostalgiques
et espèrent toujours revivre le passé dans le
présent.
- Ceux qui se contentent
d'attendre que Michael veuille bien faire un projet sans trop
se poser de question. Ni trop nostalgiques, ni trop dans le
présent. En général, ils préfèrent
ne rien avoir plutôt que d'avoir un album en demi-teinte
ou un projet avorté.
- Ceux qui attendent encore
quelque chose et qui n'aiment pas le présent de Michael.
Ceux là sont nostalgiques du passé mais voudraient
un présent comme ils estiment qu'il doit être.
Ils n'aiment pas ce qu'est devenu Michael et pensent que c'est
uniquement de sa faute.
Malheureusement ces quatres
"philosophies" sont parfois très contradictoires
et sont l'escence même des affrontements verbales quotidien
des forums français et internationaux.
Le constat
Le constat que l'on pourrait
faire de cette situation, c'est qu'elle nuit indubitablement
à l'ambiance générale. Du coup, chacun
se retranche vers les sites/forums créant des clans
ou il ne fait pas bon de s'aventurer si l'on ne partage pas
la même philosophie. Tout le monde reste sur leurs positions
comme des chiens gardant leurs niches, ne voulant surtout
pas aller renifler chez le voisin par peur ou par snobisme.
Cela nuit indéniablement aux fans eux mêmes mais
aussi aux sites qui les accueillent, pas toujours d'accord
avec la majorité ou la minorité mais qui ne
peuvent qu'être spectateur, se refusant d'enfreindre
la liberté d'expression.
Les webmasters se retrouvent
donc otage de leurs membres, ne pouvant que constater l'étandue
du problème.
Avant l'avènement
du net :
Les conflits entres fans de
Michael Jackson remontent à bien avant qu'internet
ne se démocratise. Déjà à l'époque
des visites du King Of Pop en France en 1997, des fans que
l'on retrouve sur le net aujourd'hui étaient déjà
réputés pour leurs messes basses , les coups
dans le dos et les amitiés d'un jour.
Tout était bon pour approcher
l'idole, pour se faire une réputation. On s'échangait
des photos et des infos sous le manteau. Des magazines avaient
leurs informateurs parmis les groupes qui suivaient Michael.
Cela à conduit en 1999 au vol de cassettes vidéos
privées de Michael dans sa propre chambre et revendues
à des tabloïds français. Ce dernier à
d'ailleurs longtemps boudé la France après ça.
Pas étonnant donc que
l'on retrouve des comportements similaires sur internet. Aujourd'hui,
la guerre s'est déplacée sur la toile et a évoluée
pour devenir un marasme de sarcasmes, de reproches, voir d'insultes.
Ceux là même qui hier faisaient les louanges
de leur idole devant les amis, la famille, les collègues.
Aujourd'hui les thèses
s'affrontent. L'ironie fait que l'on assiste presque à
un conflit anti et pro-Jackson au sein même des "fans".
Comment en est on arrivé là ? C'est une autre
histoire qu'il faudra peut être développer une
prochaine fois.
La solution ?
Encore faudrait il admettre
qu'il y a un problème, ce qui ne semble pas être
forcément le cas. La liberté d'expression fait
que la solution ne viendra que par les bonnes volontés
de chacun. Un jour peut être, les fans s'entendront
sur la même chose, mais cela semble peu probable car
Michael Jackson déchaîne les passions les plus
diverses, autant dans les médias que chez ses propres
admirateurs.
Je ne pourrai que conseiller à tout le monde de s'écouter
et de ne surtout pas être certain de quoi que ce soit.
Car, être persuadé que nous détenons LA
vérité, revient à balayer celle des autres
et écarter l'idée que l'on peut avoir tord.
Hors lorsqu'il s'agit de l'une des stars les plus complexes
qui soit, mieux vaut relativiser la solidité d'une
connaissance que l'on croit infaillible.
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