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Man In The Mirror : Une histoire de femme

Michael Jackson et les chansons humanitaires, c’est un peu comme Casimir et son bougligoulba......bouligoulba......goulibougla.........oh et puis zut ! C’est un peu comme le couscous et la semoule (oui je sais, c’est facile mais je n’avais que ça en magasin). Tout ça pour dire que Michael et les chansons humanitaires, c’est indissociable.
Michael a commencé à montrer au public son intérêt pour l’humanitaire au milieu des années 80 avec We Are The World. Le succès de We Are The World a prouvé à Michael que des messages forts pouvaient être passés à travers une chanson. Des messages destinés à faire bouger les mentalités et à réveiller les esprits.

Pourtant, contrairement à ce que l’on pourrait s’attendre de lui à cette époque, ce n’est pas Michael qui composa Man In The Mirror. Au milieu des années 80, une jeune chanteuse du nom de Siedah Garrett attira l’attention du producteur Quincy Jones. Siedah s’était faite remarquée par le public notamment en faisant les choeurs sur des chansons de Madonna, Donna Summer, des Commodores (groupe de Lionel Richie) ou encore en composant des chansons pour Kenny Loggins et les Pointer Sisters.
Bien que Siedah soit déja une artiste confirmée, sa rencontre avec Quincy Jones lui permettra de mettre un pied de plus dans un cercle très fermé. Quincy prendra en quelques sortes Siedah sous son aile et lui fera rencontrer toute l’équipe de Michael Jackson : de Rod Temperton,
en passant par Bruce Swedien.

L’idée de Man In The Mirror viendra dans la tête de Siedah lors d’une réunion avec Quincy Jones. Ce dernier avait alors annoncé à tous ses auteurs-compositeurs présents qu’il cherchait une chanson pour complèter le prochain album de Michael Jackson. Quelques jours plus tard, Siedah compose avec Glen Ballard une première démo d’une chanson baptisée Man In The Mirror. Ils envoyèrent la démo à Quincy Jones qui les rappella quelques jours plus tard pour leur dire qu’il adorait la chanson, et Michael aussi ! D’ailleurs, Michael avait, parrait-il, du mal à croire que la personne qui chantait sur cette démo et celle qui l’avait composée, n’était q’une seule et même personne. Il était littéralement tombé amoureux de la chanson (et de la chanteuse ?).

Quoi qu’il en soit, Siedah est alors entrée en studio pour développer sa démo. C’est alors que sa première rencontre avec Michael est servenue :
“J’étais en train de chanter “Man In The Mirror” pour la seconde fois, et j’essayais une tonalité plus grave. Les lumières du studio étaient faibles et j’arrivais à peine à apercevoir Quincy et Bruce Swedien qui travaillent dans la cabine de mixage. Ce dont je me souviens, c’est que je n’ai pas vu Michael pénétrer dans le studio, mais cependant, et je sais que ca peut paraître bizarre, j’ai comme “senti” sa présence au moment où il est entré dans
la pièce. Tout d’un coup, plus rien ne bougeait, le temps était comme suspendu. Les gens présents étaient immobiles. [...] Tout comme eux, je suis restée pétrifiée. C’était très impréssionant !”.

Pourtant, si Man In The Mirror a été composé par Siedah et Glen, c’est bien Michael qui eut l’idée d’appeller Andraé Crouch pour participer à la chanson.
Andraé Crouch est devenu depuis, pasteur ! Cette indiquation, devrait vous mettre sur la piste du rôle de Andraé dans Man In The Mirror....vous ne voyez pas ? Allez, un petit éffort ! (et là, vos yeux s’écarquillent “Mais c’est bien sûr !”). Et oui, Andraé a amené la touche gospel de la chanson.
C’est à l’âge de onze ans que Andraé se met à chanter dans l’église de son père (pasteur lui aussi). Très tôt, il montre ses talents de compositeur en écrivant The Blood Would Never Lose Its Power, une oeuvre reprise, aujourd’hui encore, dans les églises du monde entier. Il est devenu par la suite un compositeur de gospel de renom, et s’est produit dans de nombreux pays à travers le monde. Sa rencontre avec Michael, se fera un peu par hasard, dans un avion.
“Nous étions dans le même avion, en première classe. Michael se trouvait sur le pont supérieur. Je lui ai adressé un petit mot qui disait qu’un jour nous travaillerons ensemble. En réponse, il m’a invité à le rejoindre, et nous sommes devenu amis à partir de ce moment.”
Il est donc tout naturel que Michael ait pensé à lui pour “Man In the Mirror”. Andraé n'a pas hésité longtemps avant d'accepter.
“Lorsque Michael Jackson m’a demandé de travailler sur "Man In The Mirror", j’ai tout de suite accepté car j’étais en accord avec le thème de la chanson.”

Et en effet, la participation de Andraé Crouch sera déterminante sur la dimension de la chanson. Par la suite, Michael fera appel à lui régulièrement, comme pour Will You Be There, You Are Not Alone ou Keep the Faith.

Man In The Mirror est devenu un titre de légende. Michael aura l’occasion de l’interprété pour clore les concerts de sa tournée du Bad World Tour et celle du Dangerous World Tour, mais également lors des Grammy Awards de 1988 ou son interprétation restera dans les mémoires !
A sa sortie en février 1988, la chanson connait pourtant un succès mitigé, et surtout en France ou elle restera aux portes du top 50 ! Un comble ! Mais, ne soyons pas trop dur avec nous mêmes car, le single à connu des difficultés dans les classements mondiaux. Hormis aux USA ou elle atteindra la première place du Hot 100 et se vendra à plus d‘un milion d‘exemplaires, elle ne sera que 21ième en Angleterre et 39ième en Australie. Le clip quand à lui, réalisé par Don Wilson, frappera par sa dureté en montrant des images d’archives dans moments forts du 20ème siècle. Une seconde version du clip verra le jour pour débuter le film “Moonwalker” en y incorporant des images de l’interprétation en live de la chanson durant le Bad Tour.
Pourtant, ne s'extasiant que sur la force musicale du titre, on sous-estime un peu la force du texte. "Si tout veux changer le monde, change toi d'abord toi même" : c'est un peu ce que résume la chanson, et c'est ce message universel qu'avait besoin d'entendre le monde des années 80, frappé par de grandes tragédies. Changer le monde c'est bien, mais changeons d'abord la nature humaine qui tue John Kennedy ou qui laisse mourrir des enfants de faim sans réagir.
Mais, c'est bien connu, l'homme n'aime pas qu'on lui repproche ses travers, et c'est sans doute pour cela que la chanson n'a pas eut le succès escompté. C'est en tous cas mon opinion.

Juste retour ou pas, Siedah Garrett reprendra la chanson sur son album "Siedah" sortit en 2003, en nous gratifiant d'une version Pop Rock Acoustique de toute beauté.