Chronique d’un album manqué
Posté Par M.Chigan | Posté Dans Chronique | Posté Le 09-12-2010
Un désastre musicale. C’est bien ce que s’apprête à vendre Sony Music à un public à peine conscient de l’un des plus grands scandales de l’industrie du disque. Car à l’écoute de l’album «Michael», le constat est sans appel. Jamais un album n’aura été aussi désastreux et irrespectueux de la mémoire d’un artiste. Qui pouvait croire que l’on puisse tuer un artiste une deuxième fois ? C’est chose faite…Merci qui ?
Pourtant, tout semblait prêt pour arriver à cette situation à peine croyable. Dès le début du projet, l’enthousiasme pour cet opus avait quelque peu retombé lorsque John McClain s’était auto-proclamé producteur exécutif. Le fiasco de la chanson «This Is It» n’était alors qu’un début que McClain allait continuer sans vergogne avec «Michael». Certains espéraient encore quelque chose de réussit quand d’autres avaient déjà plié bagage pour aller voir du côté de Motown pour espérer trouver un terrain moins glissant. Et en effet, avec les sorties de «Unreleased Masters» et «Live At The Forum» des Jackson 5, Motown avait définitivement suscité les louanges des fans et était devenu une sorte de terre d’asile pour réfugiés musicaux.
Pour les autres, le spectacle offert allait être désastreux. Titres à polémiques, utilisation d’ad-libs d’autres chansons et production hasardeuse. Voilà ce qui attendait les plus téméraires, ceux qui avaient encore un espoir et qui parfois le garde toujours, ne se rendant même pas compte de la situation pathétique dont ils se trouvent, en étant prêt à acheter un album dont certains titres ne sont, selon toutes vraisemblances, pas chantés par l’artiste en question. Car même si les frères Cascio, non content de se pavaner devant Oprah Winfrey aux côtés de Teddy Riley, affirment haut et fort qu’il s’agit bien de la voix de Michael, nombreux sont ceux qui ne reconnaissent pas la voix de leur idole. Et quand bien même Michael interprèterait bien ces titres, la production proposée n’est certainement pas à la hauteur de son génie. D’ailleurs, comment atteindre son niveau d’excellence maintenant qu’il n’est plus là ? Peut-être en ne tentant surtout pas de l’atteindre. McClain et sa clic s’y sont attelé. Force est de constater qu’il ont lamentablement échoué.
Que ressort-il à la première écoute de «Michael» ? de la colère, de la frustration, de l’amertume aussi, et la désagréable sensation d’assister à une exécution musicale. Car l’opus n’est pas produit, il est surproduit ! Un bon exemple : «Behind The Mask». Solo de saxo au début, bruit de public, ajout d’extraits du Dangerous Tour à Bucarest avec les «How You Doin» de MJ et une multitude d’effets tous aussi ratés les uns que les autres. Au final, un titre dont beaucoup attendaient , devient une sorte de soupe funky-naze noyant la voix d’un Michael des 80‘s et détruisant tout le potentiel de la démo.
En parlant de démo, le traitement infligé à «The Way You Love Me» est tout aussi désastreux. D’une démo minimaliste mais efficace, Neff-U la transforme en une version cul-cul la praline avec des choeurs retravaillés mais par moment totalement à côté de l’harmonie, voir presque faux !
«Monster», «Breaking News» et «Keep You Head Up», produit par les «amis» Cascio sont bien au choeur de la polémique. Difficile en effet de reconnaître la voix du King Of Pop. Par moment, il est même flagrant d’assister à la démonstration d’un imitateur. Monster et Breaking News sont les plus explicites. Comment douter ? Comment croire et faire croire que c’est bien Michael qui chante ? A l’heure actuelle, les frères Cascio n’ont toujours pas apporté de preuve formelle prouvant l’interprétation du King Of Pop de ces titres, pourtant pas mauvais, mais dont les voix sont mixés à l’extrême comme pour cacher des imperfections flagrantes.
La parano s’empare de l’auditeur et provoque également un interrogation sur «Hollywood Tonight» produit par Riley, nouveau meilleur ami des Cascio Borthers. Annoncé comme une des bombes de l’album, il s’avère qu’il n’est en fait qu’un pétard mouillé tout juste passable mais manquant cruellement de profondeur et souffrant lu aussi d’un mixage limite avec une voix parfois saturée.
Tentons au moins de nous rassurer avec Another Day, finalement très proche de la version leakée il y a quelques mois mais qui s’avère plutôt plate et ne parvenant pas à décoller malgré les efforts de Lenny Kravitz. Le titre reste cependant honnête à défaut d’être ravageur.
Même constat pour Best Of Joy. Une mélodie intéressante mais un mixage plutôt bizarre. On a presque l’impression d’entendre Janet pendant les refrains…Et au final, on a également du mal à reconnaître la voix de Michael.
Le salut vient finalement de Much Too Soon, sorte de ballade country ou l’on retrouve enfin une harmonie entre la voix et la musique, même si l’ajout de l’accordéon par rapport à la version leakée sur internet n’apporte finalement rien de plus. Le solo de guitare sent bon le générique de «30 millions d’Amis», mais reste dans l’esprit de la chanson. Dommage qu’il faille attendre la dernière chanson de l’album pour en profiter.
J’allais presque oublier Hold My Hand, super single made by Akon featuring MJ qui, n’oublions pas, avait refusé la diffusion du titre suite à la fuite de la chanson organisée par Mr Vocoder lui-même trop heureux d’annoncer en fanfare sa collaboration avec le King Of Pop. Drôle de retournement de situation de finalement retrouver cette ballade nasillarde sur l’album posthume. Mais, après tout, rien n’étonne plus personne, surtout quand on fait tout pour passer sous silence ce genre «d’anecdote». D’ailleurs, commencer un album du King Of Pop avec un beau «Akon and MJ», c’est classe !
Que dire de l’album «Michael». Beaucoup et si peu à la fois. Le contenu s’apparente plus à une soupe musicale ou flotte pêle-mêle quelques légumes fades et indigestes. C’est un peu comme si l’on voulait nous vendre une soupe en sachet pour une soupe de grand-mère, en la bourrant d’arôme artificiels et en espérant que le consommateur n’y verra que du feu. Manque de bol (sans mauvais jeu de mot) les fans se sont habitués aux bonnes choses. Alors évidemment, la question que tout le monde se pose à la veille de ce non-événement musical est, faut-il acheter cet album ? Chacun fera comme il veut et comme il l’entend. Pour ma part je préfère me commander le «Live At The Forum» des Jackson 5. Car Motown a au moins le mérite de créer de vrais projets musicaux et savent comment utiliser au mieux un back-catalog. Ce n’est visiblement pas le cas de tout le monde et c’est bien dommage…Mais ça fait surtout mal au coeur (et aux oreilles) !
Ramady bonjour. Déjà nous souhaitons vous dire un grand bravo pour votre parcours à l’émission “Incroyable Talent”. Mais avant toute chose, comment est née la troupe “Secrets Of Moonwalk” ?
Qui a choisi les morceaux pour la bande son ?
Je fais partie de ceux qui ont été un petit peu déçu par votre prestation en finale. Mais je vous ai trouvé honnête dans votre ligne de conduite. Vous ne vous êtes pas laissé envahir par une sorte d’euphorie malsaine et vous êtes resté dans votre optique de rendre un hommage à Michael. Comment avez-vous trouvé votre prestation ?
Il y a quelques jours, lorsqu’a circulé l’information selon laquelle un ultime numéro de Black & White allait sortir, ma première réaction a été de sourire. Un sourire qui en disait long car il me ramenait plusieurs années en arrière, à l’époque ou internet n’existait pas, à l’époque ou je bavais devant la Maxi-Boutique et ou les collectors de Hector me paraissaient totalement intouchables. A cette époque là, ma chambre était tapissée de posters et mon picture disc de Bad était la pièce maîtresse de ma toute petite collection. Je l’affichait d’ailleurs fièrement sur le mur de la chambre (protégé dans une pochette plastique parce que je soignais mes collectors !).
Dès les première lignes, j’ai compris que ce numéro ne serait pas tout à fait comme les autres. En effet, Laurent Hopman a prit la (très habile) décision de faire le parallèle entre leur histoire et celle de Michael. De Thriller à This is It, on suit la naissance de la fanatitude de Laurent Hopman et Julien Derain, les débuts de leur fan club, leur rencontre avec Christophe Boulmé, la naissance de Captain EO Productions et de Black & White. Un récit passionnant et très captivant. Cet ultime numéro synthétise donc les années Black & White et leurs différentes rencontres avec Michael. Pour la première fois, Laurent Hopman livre plusieurs anecdotes qu’il n’était pas possible de divulguer à l’époque. Il fait également une analyse intéressante sur les dernières années de Michael et de son problème avec Sony.
Vous l’aurez compris, cet ultime numéro de Black & White est à posséder de toute urgence. Non seulement vous y apprendrez beaucoup de choses sur Michael et son rapport avec Sony Music, mais en plus vous découvrirez l’aventure éxtraordinnaire de ces trois fans devenus en quelques années de proches collaborateurs du King Of Pop et comment Black & White, un petit magazine fait par des passionés est devenu le magazine officiel de Michael Jackson. Leur vision de sa carrière depuis Thriller est pertinente et très détaillé sur certains aspects. Les anecdotes sont nombreuses et les photos magnifiques.

