Michael
Jackson : Mauvais garçon ?
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1987,
Michael a terminé le tournage de son tout dernier
clip. Réalisé par Martin Scorcese et
durant plus de 20 min, ce clip a été
inspiré d'un fait réel. Michael y joue
le rôle de Darryl, un jeune garçon issu
des ghettos de New York et qui, à force de
travail, a réussit à entrer dans une
grande école. Cependant, de retour dans son
quartier, il retrouve ses amis jaloux de sa réussite.
Ils lui repprochent d'être
devenu un bourgeois intelo qui renie ses origines
et lui demande de prouver qu'il est toujours "mauvais"
(en anglais "Bad"). Après plusieurs
repports, la sortie de l'album "Bad"
est enfin prévue pour la fin août 1987.
La pression est énorme pour Michael. Car, après
le succès monumental de "Thriller",
la presse, les fans, les professionnels : tout le
monde l'attendaient au tournant. Sachant qu'il ne
devait |
pas se louper, Michael s'isola tel un moine
pour composer la musique la plus navatrice possible.
Pour cet album, il a composé la quasi-totalité
des titres (9 sur 11 chansons que compte "Bad").
Pourtant, le son plus pop et moins funky que "Thriller"
ne conviendra pas à Quincy Jones. Ce sera d'ailleurs,
le dernier album entre les deux hommes. Michael est enfin
émancipé et n'hésite pas à proposer
ses compositions. Pour "Bad"
il enregistre pas moins de 70 démos ! Certaines comme
: "Streetwalker",
"Fly Away"
ou encore "Cheater"
son désormais sorties dans le commerce dans les rééditions
de "Bad"
et dans son Best Of "The
Ultimate Collection".
La bonne surprise de l'album viendra d'une jeune chanteuse
du nom de Siedah Garret. Cette dernière, une protègée
de Quincy Jones, chantera un duo avec Michael : "I
Just Can't Stop Loving You",
et composera avec Glen Ballard une magnifique chanson intitulée
: "Man In The Mirror".
Michael quant à lui apporte la majeure partie des chansons
de l'album avec des titres très novateurs comme : Bad,
Another Part Of Me, Speed Demon, Liberian Girl
ou encore Smooth Criminal.
Depuis "Thriller" le
vidéo clip moderne, imaginé par Michael, a fait
énormément de progrès. Les budgets sont
de plus en plus conséquents et la réalisation
s'est affinée. "Bad"
sera donc l'âge d'or du clip pour Michael, ou ne sera
pas !
Pourtant
en juillet 1987, à la sortie du premier extrait
de l'album "Bad",
à savoir "I Just Can't
Stop Loving You", Michael ne tournera
pas de clip. Cela n'empêche pas le 45T de se
classer numéro 1 au Hot 100 américain.
Cependant, la presse commence à se poser des
questions sur le physique de Michael. Celui-ci a visiblement
bien changé depuis quelques années.
En 1987, Michael présente un look très
androgyne. Il a désormais les cheveux longs
et bouclés, la peau plus claire, et le nez
plus fin. Les rumeurs les plus folles commencent à
circuler, surtout sur la couleur de sa peau. On dit
qu'il ne veut plus être noir, qu'il a honte
de ses origines. On le dit homosexuel et complètement
à côté de la plaque. En France,
ses rumeurs trouvent écho et malgré
de très bonnes ventes, les singles de l'album
"Bad" se classeront très mal.
Le 31août 1987 sort enfin l'album
"Bad". Ce dernier devient instantanément
numéro 1 dans 25 pays et se vend à plus
de 5 millions d'exemplaires en une semaine.
Comme pour se libérer de sa famille et pour
prouver qu'il est l'artiste avec qui il faut désormais
compter, Michael se lance en septembre 1987 dans une
grande tournée mondiale. C'est un évenement
de taille car, il n'était jamais monté
seul sur scène. |
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Le Bad World Tour commence en septembre 1987
au Japon. Les places se sont vendus en un temps record :
les japonais restent très fans malgré les
années ! Le show reprend les grandes lignes du Victory
Tour avec seulement deux titres de "Bad"
figurant au menu : "I Just Can't
Stop Loving You" et "Bad".
Ce dernier sort d'ailleurs en single à la même
période. Le public découvre ainsi le clip
dans sa version longue de 26 min. La performance d'acteur
de Michael est saluée, mais son image punk, son blouson
plein de boucle et ses bottes pointe en fer sucitent des
réactions mitigées de la part des médias.
Michael n'a plus l'image du jeune timide de "Thriller".
Quoi qu'il en soit, le single se place lui aussi numéro
1 du Hot 100.
Vers la fin de l'année, le Bad World Tour passe par
l'Australie. Des concerts en Europe et en France sont annoncés.
Le troisième extrait de "Bad"
est alors envoyé aux radios. Il s'agit de "The
Way You Make Me Feel". Un clip accompagne la
chanson. Il est réalisé par Joe Pytka, un
réalisateur issu du monde de la publicité
(comme Steve Baron pour Billie Jean). Michael y interprète
un garçon qui tombe sous le charme d'une jeune femme
dans la rue. Il la suit alors partout, essayant de la séduire
par sa danse et sa voix. Finalement il arrive à ses
fins et la jeune femme (interprètée par Tatiana
Thumbtzen) tombe dans ses bras. Michael est d'ailleurs tombé
sous le charme de cette jeune danseuse lors du tournage
et, d'après plusieurs personnes de l'entourage de
Michael ainsi que Tatiana elle même, il aurait eut
une petite idyle entre eux deux. Quoi qu'il en soit, le
single se place lui aussi numéro 1 du Hot 100. Les
trois premiers singles de "Bad"
se sont tous placés numéro 1 aux USA : "de
bonne augure pour les Awards pensait Michael"
: il avait tord !

Michael Jackson aux Grammy Awards 1988
dans une prestation mémorable de "Man In The
Mirror"
En janvier 1988 et alors que "Bad"
est un gros succès aux USA, Michael n'est nommé
que dans deux catégories pour les American Music
Awards. Il n'assistera même pas à la cérémonie
mais recevra tout de même un prix : meilleure chanson
R&B pour Bad. Le public, qui vote aux AMA, semble bouder
Michael. Peut être est-ce son look, peut être
est-ce toutes ces rumeurs, ou peut être tout simplement
que le public se lasse d'un Michael triomphant. Les professionnels,
eux, sont plus objectifs. Ainsi, Michael est nommé
dans quatre catégories aux Grammy Awards. Fait très
rare, il accepte même de se produire sur scène
lors de la cérémonie. Malheureusement, l'album
"Bad" ne reçoit qu'un prix ce soir
là. Ironie du sort, c'est Bruce Swedien qui monte
sur scène pour recevoir le prix du meilleur ingénieur
du son pour Bad.
Lâché par ses paires et d'une certaine manière
par le public, Michael monte alors sur scène pour
faire son numéro : un numéro époustouflant,
mémorable et proche de la perfection ! Il y chante
"The Way You Make Me Feel"
en dansant comme un magicien qui execute son tour, puis
il interprète "Man In The
Mirror" comme jamais plus il ne le refera. Pour
le final, un choeur gospel entre sur scène. Michael
tourne sur lui même et retombe violement sur ses genoux,
se relève, continu de chanter malgré qu'un
de ses choristes vient lui essuyer le front, retourne sur
lui même et retombe à nouveau sur ses genoux.
Il est dans sa chanson, il sort ses trippes, son âme
et toute la rage et la déception qu'il avait accumulé
depuis les American Music Awards. Petite revanche ou pas,
il fini son morceau dos au public, dos à ces professionnels
qui l'ont boudé avant de se retourner et contempler
la salle qui l'applaudie debout pendant de longues secondes,
mais sans un cri et presque "sans un bruit".
La gêne est palpable.
Malgré tout, Michael commence sa tournée
aux USA avec trois concerts au Madison Square Garden complets
! La critique du concert est très bonne. La presse
est sur ce point très élogieuse. Pour sa tournée
américaine, Michael a ajouté plusieurs chansons
de l'album "Bad"
au programme, à savoir : Another
Part Of Me, Smooth Criminal, Dirty Diana, The Way You Make
Me Feel et Man In The Mirror.
Le quatrième extrait de "Bad" :
"Man In The Mirror" qui est sortit en février,
atteint lui aussi la première place du Hot 100 !
Le clip montre diverses images d'archives d'hommes célèbres
pour leurs combats, ainsi que plusieurs évenements
importants du XXème siècle. Michael n'y apparait
que sur un plan.
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Les
places pour le Bad World Tour en Europe sont mises
en vente. En France, un concert prévu à
Lyon doit être annulé faute de ventes
suffisantes. Notre pays boude quelque peu Michael.
Malgré d'excelentes ventes pour "Bad"
(près d'un million d'exemplaires à l'époque),
les français sont de plus en plus septiques
au sujet de Michael. Le détester devient un
sport nationnal chez nous !
En avril 1988 sort la toute première autobiographie
de Michael. "Moonwalk",
c'est son titre, devient très vite un best
seller à travers le monde. Michael y parle
de son enfance, de sa musique, de sa vie en général.
C'est la première fois qu'il se confie de cette
manière. Même si le contenu n'a rien
d'explosif et qu'il ne fait aucune révélation
extraordinnaire, il est tout de même intéressant.
Le même mois sort le cinquième extrait
de "Bad" : "Dirty
Diana". Un clip très sobre accompagne
le single. On y voit Michael sur scène en train
de chanter le titre devant un public. Steve Stevens,
guitariste de Billy Idol, qui avait fait le solo de
guitarre en studio, accepte de |
tourner dans la vidéo. "Dirty
Diana" devient numéro
1 du Hot 100. C'est la première fois qu'un artiste
arrive à placer les cinq premiers singles d'un même
album en tête du Hot 100 : un record.
En mai, Michael enménage dans une énorme
propriété qu'il a acheté dans la vallée
de Santa Ynez en Californie. Il la baptise Neverland,
en hommage à Peter Pan. Sur plus de 1200 hectares,
Michael peut y installer un parc d'attraction privé,
un zoo, un petit train qui fait le tour de la propriété,
une salle de cinéma ou encore une petite maison spéciale
ou tous ses prix sont exposés.
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Continuant
sa tournée interminable, Michael arrive en
mai en Europe. Il commence par l'Italie, puis l'Autriche,
la Holland, la Suède, la Suisse, l'Allemagne
et enfin la France à la fin du mois de juin.
Il y donnera deux concerts au Parc des Princes puis
plus tard en août, un à Montpellier et
à Nice. Beaucoup de stars françaises
se déplacent pour le premier concert du Parc
des Princes le 27 juin 1988 : Johnny Halliday, Patrick
Sebastien ou Yves Montant. Michael reçoit également
la Médaille de la ville de Paris des mains
de Jacques Chirac !
Il continu sa tournée marathon à travers
l'Europe. En juillet il arrive en Angleterre ou les
billets du Bad Tour se sont vendus en des temps records.
Ainsi les cinq concerts prévus au mythique
stade Wembley seront complets : soit 360 000 billets
vendu ! |
Lors du troisième concert à Wembley, Michael
reçoit la visite de la Princesse Diana et du Prince
Charles. Ayant d'abord décidé de retirer la
chanson "Dirty Diana"
du concert pour ne pas offusquer la Princesse (la chanson
parlant d'une fan du nom de Diana qui fait tout pour approcher
sa star préférée), il se voit obliger
de la jouer à la demande même de Lady Di qui
semble beaucoup apprécier cette chanson. Ils resteront
d'ailleurs amis jusqu'à la mort de Diana en 1997.
Le même mois, "Another Part
Of Me", le sixième extrait de "Bad",
sort dans le commerce. Le clip utilise de nombreuses images
du Bad Tour avec notamment plusieurs plans des concerts
au Parc des Princes. Il atteindra la 11ème place
du Hot 100.
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Michael
continu sa tournée. En août il passe
par l'Espagne, la Belgique, revient en Allemagne,
en France, en Autriche. Le Bad Tour est un succès
colossal. Michael arrive à remplir des stades
entiers partout ou il va. Ses concerts se jouent souvent
à guichets fermés, devant 50 000, 70
000 voir 100 000 personnes ! Tout le monde veut voir
Michael en concert. Aux USA, il est obligé
de rajouter des dates pour une seconde tournée.
Ainsi, en septembre 1988, il est de retour pour plusieurs
concerts à travers les Etats-Unis.
Il est alors annoncé qu'un film intitulé
"Moonwalker" sortira
en décembre. Tourné en 1987, ce film
est cindé en 3 parties : une retrospective
de la carrière de Michael, une partie ou il
est poursuivit par des gens en patte à modeler
et contient le clip de "Speed Demon", et
enfin une troisième partie ou Michael interprète
le rôle d'une sorte d'ange poursuivit par un
trafiquant de drogue interprèté par
Joe Pesci (L'Arme Fatale II, III et IV). La troisième
partie sert en fait de cadre au clip de "Smooth
Criminal". |
C'est d'ailleurs le septième extrait de "Bad".
Le clip est présenté dans une version courte
et fait sensation. Michael est en costume des années
30 et danse avec plusieurs gangsters dans une chorégraphie
qui reste dans les mémoires. "Smooth
Criminal" réussit à se placer
à la 7ème place du Hot 100.
En décembre 1988, "Moonwalker"
sort en salle en Europe. Aux USA, des différents
avec les distributeurs obligera une sortie uniquement en
vidéo. Les distributeurs accusent alors Michael de
vouloir trop d'argent. Le film ne fera pas beaucoup d'étincelles
en salle. Malgré tout, la vidéo se vend assez
bien.
En
janvier 1989, Michael achève enfin le Bad World
Tour après quelques derniers concerts à
Los Angeles. La tournée aura duré 16
mois et rassemblée 4,4 millions de personnes
en 123 concerts. Le Bad World Tour est sans doute
l'une des plus grosses tournées des années
80.
Le 30 janvier, il reçoit un American Music
Award spécial pour l'essemble de sa carrière.
La promotion de "Bad"
continue cependant en Europe. Ainsi "Leave
Me Alone" sort en février 1989.
Accompagné d'un clip (disponible dans le film
"Moonwalker")
la chanson parvient à la 2ème place
du Top 100 Single anglais et 17ème au Top 50
français. Michael y chante son ras-le-bol et
demande à ce qu'on le laisse tranquille (to
leave alone, en anglais).
En juillet, le dernier single de "Bad"
sort en Europe. Il s'agit de "Liberian
Girl". La vidéo qui accompagne
le clip fait sensation. Elle regroupe énormément
de stars comme : Steven Spielberg, Woopy Goldberg,
Danny Glover, Paula Abdul, David Copperfield, John
Travolta et Olivia Newton John, Quincy Jones ou encore
Suzanne Sommers. Toutes ces stars sont cencé
passer une audition pour le prochain clip de Michael,
avant de s'appercevoir qu'en fin de compte elles ont
été filmées à leur insue.
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Affiche du film "Moonwalker" |
Même si il n'a pas eut le succès
de "Thriller",
"Bad" est tout de même un énorme
succès. En juillet 1989, il s'est vendu à
plus de 20 000 000 d'exemplaires (10 000 000 rien qu'aux
USA), a placé cinq singles numéro 1 du Hot
100 américain, a produit sans doute les meilleurs
clips de Michael et la plus grosse tournée des années
80 (n'ayons pas peur des mots !). Mais c'est aussi la période
ou le public commence à s'intéresser aux bizareries
de Michael : son singe Bubbles, son caisson à oxygène,
son visage... Bon nombre de ces rumeurs sont fausses et
directement orchestrées par le staff de Michael.
Mais elles lui coleront à la peau pendant très
longtemps.
En ce qui concerne la couleur de sa peau, Michael souffre
depuis 1978 d'une maladie appelée : Vitiligo. Le
vitiligo est une maladie qui détruit la pigmentation
de la peau (donc la couleur).

Exemple d'application du Dermablend
sur une personne atteinte du Vitiligo. |
Environ 2% de la population
mondiale est touchée par cette maladie.
Dans 90% des cas, il s'agit juste de quelques tâches
aux coudes, genoux ou aux mains. Mais chez certaines
personnes, la maladie gagne tout le corp. C'est ce
qui se passe pour Michael. Afin de gommer ces tâches,
il utilise un produit appelé : Dermablend.
Le Dermablend est très utilisé dans
les maladies de peau pour gommer les tâches
et ainsi rendre la peau homogène. Cependant,
il ne se décline qu'en quelques teintes. Pour
un noir, la couleur obtenue est alors plus claire.
En 1989, Michael est déjà plus claire.
Il se protège du soleil car à cause
du Vitiligo, il ne peut pas bronzer. Malheureusement,
la maladie gagnera encore du terrain dans les années
qui suivirent. |
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Vers la fin de l'année 1989, Michael se
coupe enfin du monde, n'apparaissant que très
rarement dans des cérénomies ou lors
de galas. On le verra notamment lors d'une soirée
en hommage à Sammy Davis Junior, monstre
sacré du Music Hall. Michael y chantera "You
Were There" une chanson spécialement
composée pour l'occasion, devant un Sammy
Davis malade mais visiblement très ému
et qui se lèvera pour aller remercier Michael
avec les larmes aux yeux. Il décèdera
quelques mois plus tard des suites d'un cancer.
Et enfin, en début d'année 1991, la
rumeur d'un nouvel album se précise. Un Best
Of avec plusieurs inédits est annoncé,
avant que Michael ne décide finalement de
sortir un album entier. Le projet "Decade"
est annulé, place au projet "Dangerous"...
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