M.Chigan : l’idée d’être fan

Je n’ai jamais eu l’idée d’être fan de quelqu’un. J’ai entendu cette phrase un jour que je discutais de ma passion avec des amis lors d’un dîner. L’idée ? Comment peut-on avoir l’idée d’être fan de quelqu’un ? J’avoue ne pas avoir compris ce que cette personne voulait dire. Comme si on pouvait se réveiller un matin et se dire ’’Tiens, je vais être fan de quelqu’un’’ ou alors que l’on disait un 1er janvier ‘’Ma bonne résolution pour cette année sera d’être fan de quelqu’un’’. Je crois qu’il y a deux types de personnes dans le monde : celles qui ont une passion et celles qui n’en ont pas. Et celles qui n’en ont pas ne pourront jamais comprendre celles qui en ont.

top-50-marc-toescaJe n’ai jamais décidé d’être fan de Michael Jackson. C’est venu naturellement, comme une évidence, un coup de foudre. Voilà pourquoi je ne comprends pas les personnes qui pensent qu’être fan est un élément réfléchit et programmé. Le moins que l’on puisse dire, c’est que je n’étais pas vraiment préparé à ce qui allait m’arriver un soir de février 1989. Ce soir-là, et comme il était de tradition chez nous à cette époque, nous regardions le TOP 50 sur Canal+. Mes parents étaient parmi les premiers clients de cette chaine et à cette époque, nous la regardions très souvent. Le Top 50 était l’une de nos émissions favorites. Nous adorions regarder les clips et nous étions dans le suspens de savoir qui allait être numéro un chaque semaine.

J’ai donc forcément vu tous les clips de l’album Bad. Mais, j’avoue ne me souvenir d’aucun d’entre-eux. J’avais six ans quand Bad est sorti. Trop jeune pour comprendre le phénomène, mes 45 tours préférés se composaient de Titi et Gros-Minet, Nono Le robot, Chantal Goya et quelques autres titres dont je tairai le nom pour garder le peu d’amour propre qu’il me reste encore après cette révélation.
Leave_Me_Alone_(Micheal_Jackson_single)_coverartJe me souviens cependant que mon frère avait demandé à avoir le 45 tours de Smooth Criminal. Il adorait la chanson. Nous l’écoutions parmi d’autres vinyles sur notre tourne-disque mono-enceinte 5W, et j’ai souvenir que l’intro me faisait peur. Ce coeur qui battait fort avec un bruit de respiration que je trouvais oppressant ; j’en ai encore des souvenirs aujourd’hui. Pourtant, le titre qui me fit véritablement découvrir Michael Jackson, fut Leave Me Alone. C’est précisément cette chanson que je découvrais ce fameux soir de février 1989. Cette musique me fascinait. Les choeurs, la ligne de basse au synthétiseur, la voix de Michael : tout me fascinait. Le clip me marqua également et aujourd’hui encore je me souviens parfaitement de ce gros dentier qui semblait vouloir se refermer au passage de la caméra. Sans comprendre ce qui m’arrivait, j’étais sous le choc. Je venais de prendre une véritable claque et je pressais ma mère de m’acheter le 45 tours. Elle le fit au Monoprix d’Aubervilliers pour la modique somme de 25 Francs. Je ne compris pas tout de suite que j’étais en train de devenir fan. C’était juste une chanson que j’adorais et que j’écoutais en boucle, alternant avec la face B qui n’était autre que Human Nature que j’aimais énormément. J’avais l’impression d’écouter une chanson mélancolique et je me souviens parfaitement en train de jouer sur mon lit à écouter cette merveille musicale.

Mes premières années de fan se composaient donc de deux 45 tours que nous écoutions souvent avec mon frère le dimanche après midi pendant que mes parents regardaient Starsky et Hutch à la télé.

Mais, encore une fois, j’étais jeune et je ne comprenais pas très bien ce qui m’arrivais. Je n’avais pas du tout l’idée de demander à avoir l’album Bad ou les autres albums de Michael. A vrai dire, je ne réalisais pas très bien le principe d’une promotion et qu’un 45 tours était extrait d’un 33 tours ou d’une cassette que l’on pouvait acheter dans le commerce. Les souvenirs que j’ai de nos visites au rayon vinyles du Monoprix se limitaient aux bacs des 45 tours. Je n’allais pas voir les 33 tours ou les cassettes. Nous en avions pourtant à la maison, mais je ne faisais pas le rapport.

Le véritable tournant arriva quelques années plus tard avec la sortie de Dangerous. Nous étions en novembre 1991. J’avais 10 ans. A l’inverse de l’album Bad, je me souviens mieux de la promotion de cet opus. J’ai notamment dans la tête la fameuse pub qui passait en boucle et qui disait que l’on pouvait gagner des pin’s de Michael Jackson en appelant un numéro. Pour autant, je n’avais pas acheté l’album à sa sortie. Premièrement, parce que je devais demander à ma mère de le faire, mais aussi parce que je n’avais pas connaissance de la date exacte de sortie. Je me souviens juste avoir revu Michael à la télé et l’avoir entendu à la radio, ce qui me permis de comprendre qu’il y avait un ‘’nouveau Michael Jackson’’.

Mickael-Jackson-Cassette-Audio-Dangerous-Cassettes-Mini-disques-Laser-disques-350794139_MLC’est donc un an plus tard, à Noël en 1992 que je reçu enfin cette cassette de Dangerous. Nous avions reçu la visite de la famille de ma mère pour les fêtes de fin d’année et ma cousine avait l’album avec elle. Elle avait aussi des masques faits à partir du regard que l’on peut voir sur la pochette et je la revois encore avec ce masque sur la tête pendant que je découvrais l’album en entier. J’étais fasciné par ce que je découvrais. La pochette de l’album était sublime et les chansons me captivaient ! Voyant cela, ma mère comprit qu’elle venait de trouver le cadeau de Noël qui me plairait assurément. De leur côté, mon oncle et ma tante m’achetèrent un poste double-cassettes au Giga Store de Pantin. De cette façon, j’étais autonome. Je pouvais écouter ma cassette seul dans ma chambre. Je crois que je dus l’écouter des centaines de fois. Pendant mes devoirs, pendant que je dessinais ou que je jouais dans ma chambre, Dangerous tournait en boucle. Sans cesse, je tournais la cassette (et oui, pas d’auto-reverse) et je l’écoutais, encore et encore. C’est là que je commençais à en vouloir plus. Sentant ma passion monter au fil des semaines, ma mère demanda à un ami de bien vouloir me prêter des CD et des VHS qu’il possédait. Je découvrais pêle-mêle le Making Of de Thriller, Moonwalker, Dangerous The Short Films, un Best-Of des Jackson 5 ou encore l’album Off The Wall. C’était une période bénie ou je ne connaissais que peu de choses sur Michael et ou chaque découverte était une claque de plus. Tel un boulimique en pleine crise, je consommais du Michael Jackson sans rassasier ma faim. Et plus j’en découvrais, plus j’adorais. Je compare souvent cette période avec la scène dans Matrix ou Néo prend du plaisir à apprendre les arts-martiaux et qu’il en veut toujours plus. J’étais exactement dans cet état d’esprit.

Les années suivantes furent marquées par d’innombrables découvertes : Le magazine Black & White, les albums des Jacksons et Jackson 5 et, bien évidemment, des albums solos de Michael que je découvrais avec un plaisir absolu. On me donnait également des posters, des articles de presse et autres babioles Jacksoniennes, reliques de fans éphémères qui étaient heureux de me faire plaisir en même temps que de se débarrasser de vieilles coupures de magazines.
Je me découvrais également une passion pour les collectors. Je dévorais la rubrique Call-Hector du magazine Black & White et je tentais naïvement de trouver certains d’entre-eux au Leclerc de mon quartier. Faisant choux blanc à chaque fois, je compris alors à quel point la rareté de ces objets nécessitait des années de recherches et d’écumer les conventions et autres boutiques spécialisées. Heureusement, la boutique réservée aux Chevaliers de Neverland permettait de dénicher quelques pièces intéressantes.

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Michael prenait une place de plus en plus importante dans ma vie. Sa musique me remontait le moral et je m’enfermais petit à petit dans son univers au point de le défendre bec et ongles contre les commentaires désobligeants lors des dîners de famille. Ma chambre devenait aussi un sanctuaire que mes parents faisaient volontiers visiter comme la curiosité de l’appartement familiale. Il est vrai que les posters avaient remplacé le papier peint et que mes étagères étaient devenus des présentoirs à collectors.

Le passage du HIStory Tour à Paris en 1997 fut aussi un moment important. Je vis Michael en vrai pour la première fois et je me retrouvais également au milieu de centaines de milliers de fans. La période HIStory était absolument géniale. On voyait Michael partout, l’album marchait très bien en France et le court métrage Ghosts et l’album Blood On The Dance Floor furent de savoureux bonus.

En 2000, internet arriva à la maison. Je découvrais alors les joies d’écouter des inédits en entier en qualité real player absolument minable mais tellement fascinant !
Bien que le paysage français des sites français consacrés à Michael était assez étoffé, je posais mes bagages sur le site mjinvincible.net. J’aimais bien son design et l’ambiance qui y régnait sur le forum me correspondait assez. Internet était une vraie révolution dans la manière d’échanger avec les autres fans. Avant, il fallait passer par des échanges courriers via les annonces déposées dans le magazine Black & White. C’était long et assez fastidieux. Les forums de discussion offraient un échange direct. Pas besoin de timbre ou d’enveloppe. Il suffisait de se connecter pour échanger avec des centaines de personnes en même temps. Ce qui paraît banal aujourd’hui était une vraie nouveauté au début des années 2000.
Mon implication pour mjinvincible.net devenait de plus en plus forte. Je passais beaucoup de temps sur le forum et mes montages photos attiraient l’oeil de Ryan, le webmaster. Je me suis donc vu proposé d’intégrer l’équipe du site afin d’apporter mon aide en réalisant des logos ou des bannières et en étant également modérateur du forum. J’étais très heureux d’apporter ma contribution. Ce site reste important pour moi car j’y ai dialogué pour la première fois avec d’autres fans. Nous avions les mêmes attentes, les mêmes envies, nous parlions le même language. Je dialoguais également avec une certaine Carousel7 qui allait quelques mois plus tard devenir ma compagne, avec laquelle je partage toujours ma vie aujourd’hui.

image04Et puis un beau jour, Ryan m’indiquait qu’il n’avait plus le temps ni l’envie de continuer à animer le site. Je me souviens que l’on avait discuté de la possibilité que je reprenne les commandes, mais nos discussions n’ont pas abouties dans ce sens. La meilleure chose à faire était plutôt de lancer mon propre site. Ryan me donna un gros coup de main à mettre ça sur pieds et notamment l’installation du forum. Si le forum fut opérationnel avant le site, le lancement officiel fut tout de même fixé au 10 décembre 2003. A l’époque, il s’agissait juste de continuer mon travail entamé avec mjinvincible.net car ma motivation était forte et je voulais absolument continuer à partager avec les fans et à offrir un espace dédié à mon idole dans lequel j’espérais y retrouver les internautes dans le même état d’esprit que le miens.
Avec le temps, et surtout avec l’aide précieuse de mon acolyte BIGBROTHER, MJLegend est devenu un site qui compte pour beaucoup de fans, et c’est sans doute la plus grande satisfaction pour nous. Il fut aussi le point de départ de nombreux projets qui m’ont permis de vivre ma passion plus intensément que jamais et de rencontrer des acteurs du monde Jacksonien que je n’aurais jamais penser rencontrer un jour. Dire que tout cela a commencé avec des petits montages Photoshop est assez incroyable. Comme quoi, les plus petites choses peuvent donner de grands résultats.

1 Response

  1. Damn, quelle claque de revenir 14 ans en arrière, merci ! :P
    Et bravo pour cette nouvelle version.
    Gimme some news ;)